Heavent Meetings, le premier salon B to B à se tenir à Cannes depuis le confinement

A Cannes, la filière événementielle veut croire à un frémissement

 

Plus de 350 exposants et 500 décideurs ont répondu présents pour Heavent, le premier salon professionnel à se tenir depuis le confinement. Malgré une rentrée compliquée par les contraintes sanitaires et la perspective de 30 milliards d'euros de manque à gagner, le secteur veut préparer la reprise.

 

C'est tout un symbole : le secteur de l'événementiela tenu le premier salon de la rentrée. Heaventvient de rassembler à Cannes hôteliers, transporteurs, lieux, agences de communication, prestataires techniques, traiteurs… Pas moins de 9.600 rendez-vous ont été préorganisés pour une efficacité maximale. Objectif : envoyer le signal de la relance et rassurer les décideurs, en leur faisant la démonstration grandeur nature de la tenue possible d'un salon réunissant plus de 350 exposants au Palais des Festivals.

 

Retrouvez la vidéo qui témoigne que les  les événements professionnels sont possibles, malgré les contraintes sanitaires

https://youtu.be/JZizsPwJAmU

Besoin d'un remontant

Romuald Gadrat, le fondateur du groupe WeYou, organisateur d'Heavent, a invité 500 « top décideurs » et affrété un TGV spécial pour les véhiculer. « C'est le premier TGV événementiel depuis le confinement ! » précise Benoit Lanciot, directeur de la communication événementielle et des partenariats à la SNCF. L'expérience s'est poursuivie à bord, avec conférences, animations musicales, apéritifs…

 

Il faut dire que la filière des foires, congrès, salons, événements de type corporate, sportif ou culturel, avait besoin d'un remontant, tant elle est sinistrée. « On estimait la perte de chiffre d'affaires sur l'année à 15 milliards d'euros début juillet mais la rentrée étant plus compliquée que prévue, ce sera plutôt le double » commente Frédéric Pitrou, secrétaire général de l'Unimev, le syndicat qui représente 90 % de la filière.

« Il y a un frémissement car les annonceurs ont besoin de retrouver ces rencontres physiques mais ils sont pris entre crainte sanitaire et crise économique. En attendant, les événements digitaux génèrent moins de retombées pour l'ensemble de la filière : marges réduites, absence de salle, de traiteur… » note Bertrand Biard, président de l'association Lévénement.

Réamorcer la pompe

Si l'agence de communication Gens d'événement a choisi de prendre un stand à Heavent, c'est « pour enclencher des contrats maintenant, car entre le premier contact client et la réalisation, il se passe en moyenne 18 mois. Ce n'est pas un salon traditionnel mais un one to one, les rendez-vous sont pris en amont et notre carnet est bien plein ; il y a de gros annonceurs, preuve que l'attente est là » » observe sa directrice générale Sylvie Thomas. « Nos événements reprendront dès que ce sera possible, car ils sont inscrits dans la culture de l'entreprise » confirme Steve Brangeon, directeur du département sponsoring & events de Danone.

 

Du côté des prestataires techniques aussi, réamorcer la pompe est indispensable. « La perte de chiffre d'affaires sur 2020 va être de 80 à 90 % et on ne table pas sur un retour à la normale avant 2022 » note Stanislas Surun, vice-président de Synpase, qui regroupe 200 professionnels de l'audiovisuel scénique réalisant 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires avec 20.000 salariés.

Les lieux événementiels, eux aussi désertés, sont venus en force, même les grandes jauges comme l'AccorArenaavec ses 20.000 places. « En fait nous avons aussi une foule de petits salons, lounges, où il est possible de démultiplier un événement, et nos équipements technologiques peuvent répondre à toutes les configurations » insiste Julien Rongier, directeur commercial.

Toutes les jauges impactées

Malheureusement la limite des 5.000 personnes fixée pour tous types de rassemblements jusqu'au 31 octobre, s'avère dissuasive aussi pour tous les gabarits inférieurs. « Depuis le 28 février et l'interdiction des grands rassemblements, toute notre activité s'est arrêtée. Nous terminerons l'année avec un recul de 60 à 70 % de notre activité »déplore Pierre-Louis Roucaries, directeur général du Centre de congrès de Mandelieu.

Sur cette Côte d'Azur où habituellement 50 % des touristes sont internationaux et où les salons sont habituellement nombreux, toute l'économie souffre. « Heavent est le premier salon important à se tenir, car tous les autres ont été annulés comme le Yachting Festival. » confie Yann Gillet, le directeur général de l'hôtel Martinez.

Autant de raisons pour lesquelles Romuald Gadrat s'est bagarré jusqu'au bout pour maintenir son salon, reporté d'avril à juillet puis à septembre. Pour son groupe WeYou, pas sûr que ce soit rentable avec beaucoup de dépenses engagées deux fois. Plutôt militant.

 

*Sources Les Echos / Par //www.lesechos.fr/@martine-robert">Martine Robert /Publié le 4 sept. 2020 à 12:18